Casawaves Casablanca

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Les arrivistes Arrivés

Comme toute femme qui se respecte, Miss Casa fait attention à son look, sa tenue, et son  comportement.

Elle n’a pas suivi de cours de savoir-être, mais pour elle, élégance rime souvent avec  simplicité. Malheureusement, à Casa, tout le monde n’a pas la même vision des choses. Le  bling-bling est à la mode, et les arrivistes sont partout.

Monsieur et Madame Arriviste sortent toujours aux mêmes endroits, fréquentent toujours  les mêmes personnes, et respectent toujours les mêmes codes. Miss Casa, pour en avoir  connus plusieurs, sait les reconnaître les yeux fermés.La pimbêche casablancaise, c’est cette blondasse qui garde ses lunettes de soleil au supermarché et qui vous double à la caisse sans même s’excuser, sous prétexte que vous ne faîtes pas partie du même monde.

Elle se réveille à 9h, prend son petit déjeuner sur la Corniche avec ses copines à 10h, va faire son sport à 11h, pour finir chez l’esthéticienne à midi. Au restaurant, elle commande « une salade llay khellik » et perd un à deux kilos tous les soirs rien qu’en se démaquillant.

Végétarienne le jour, elle dévore de la viande saignante la nuit, sauce testostérone. Les hommes, elle les aime jeunes, beaux et riches. Elle roule en Mini Cooper, collectionne les faux sacs Vuitton (même traitement pour celles qui peuvent se permettre les vrais!) et fume des Marlboro Light parce que le paquet est assorti à leur string.

Ambitieuse jusqu’au bout de ses ongles french-manucurés, elle veut être femme d’affaires comme papa, rêve de faire la couverture de Hola Maroc et pense à repasser son brevet des collèges un jour, question de garnir un peu son CV!

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Maillot de faim

A l’approche de l’été, les envies de plage et de bronzette se font de plus en plus sentir.
L’occasion pour Miss Casa de ressortir son maillot de bain. Seul hic, à l’appel du bikini, les  bourrelets répondent aussi présents…

Son bikini rose fuschia, Miss Casa en a rêvé durant de longues semaines hivernales. En  l’enfilant ce matin, elle réalise tout d’un coup que comme son attachement à ce bout de lycra,  ses rondeurs débordent de partout! Son maillot de bain aurait-il fait les frais de l’érosion  textile? Ou peut-être manque-t-il une troisième pièce à son deux-pièces? Difficile pour elle  d’assumer les cinq kilos généreusement adoptés pendant cet hiver.

Pendant de longues semaines, pour se protéger de la grisaille et de l’ennui qui s’en accompagne généralement, elle s’est occupée à dévaliser les stocks des boulangeries, supermarchés et autres paradis culinaires, à coups de pauses gourmandes plus ou moins orgiesques.

Pourtant, elle ne s’en est jamais caché, la partie qu’elle préfère dans son corps, ce sont ses papilles, et son loisir favori c’est de les flatter.
Gourmande jusqu’au bout des rondeurs, elle en paie les frais en ce beau début de mai.

Pourtant, Miss Casa fait bien des efforts pour maigrir. Qu’ils s’appellent Scarsdalle, Ducon ou Hyperproutéiné, Miss Casa les a tous essayés et est devenue grâce à eux une experte en matière de régimes. Du coup, elle a tout le temps faim. Pas besoin de vous décrire l’humeur qui va avec… Être au régime, ça vous change la vie. Socialement, on est réduit à un broyeur de légumes. Difficile de décliner une invitation au restaurant, et difficile de se contenter d’une salade végétarienne si on a eu le malheur d’accepter.

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Leurre d’été

Depuis le 2 mai minuit, le Maroc est passé en heure d’été. En théorie, ce régime est mis en  place dans le but de réduire la consommation d’énergies diverses. Mais en pratique, tout n’est  pas aussi simple…

Samedi 8h du matin, Miss Casa est réveillée brutalement par un coup de fil de son patron: « Il  est 9h, vous n’êtes toujours pas au bureau. Je vous rappelle que vous êtes d’astreinte  aujourd’hui! »
Jamais un réveil n’a été aussi douloureux. Comme si bosser un samedi n’était pas suffisant,  1er mai qui plus est!

Prise par un automatisme déchu, elle se prépare en deux temps trois mouvements et file au bureau. Ce n’est qu’une fois sur place qu’elle apprend que l’heure d’été n’entre en vigueur que le lendemain à minuit. Ceci dit, elle est un peu rassurée de voir que son boss, cet esprit illuminé, est encore plus paumé qu’elle. Comme quoi, il ne faut pas toujours (jamais?) se fier aux dires de ses supérieurs…

Heure d’été ou heure d’errer, pendant une heure dans des locaux où il n’y a encore personne. Pas la fin du monde, mais elle aurait préféré rester dans son lit une heure de plus… D’ailleurs, elle n’a eu le temps ni de prendre son café, ni d’appliquer son anti-cernes. C’est donc déguisée en zombie léthargique qu’elle va devoir affronter cette dure journée de travail imposé (et imposable!). Cruel summer hour!

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MISS TERRE

Miss Casa n’est pas de ceux qui trient leurs déchets, ni de ceux qui se soucient de cette chère    couche d’Ozone. Aussi, quand elle apprend que c’est la journée de la Terre, elle sait que ce  n’est pas aujourd’hui que la planète va connaître un sort meilleur, pas plus que la journée de  la Femme n’améliore celui des femmes…

Pas étonnant quand on démarre sa journée avec une remarque fort agréable venant d’un  collègue: « Tu sens vraiment bizarre… » Elle se revoit cinq minutes auparavant, écrasant de ses  escarpins coquets l’élégant étron d’un équidé décontracté. Bonne journée assurée!

En effet, quand ailleurs une simple petite crocrotte de caniche suscite la polémique, à Casa il est tout à fait courant de croiser le destin de quelque bouse de vache « faisant le trottoir », sans aucune impunité.
Sachez que ça marche aussi avec les ânes, les chevaux et les moutons. Par contre, bizarrement, des crottes de chien, on n’en voit pas tant que ça dans nos rues. Nos chiens seraient-ils plus écolo, plus civilisés, ou tout simplement constipés?

Si certains utilisent encore ces animaux comme moyen de transport, Miss Casa a un peu plus de chance que ces gens (et que ces bêtes aussi!) et a pu s’offrir sa propre monture qui fait vroum vroum.

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Le petit frère de Miss Casa

Depuis toute petite, Miss Casa a toujours adoré les enfants. Elle avait dix ans quand son petit frère est né, et pour elle c’était un vrai bonheur. Elle passait des heures à pouponner et à s’occuper de ce petit bout. Ce même bout de chou a actuellement seize ans, et l’ère de la douce fraternité est révolue…

Seize ans, c’est un âge difficile. On est ado sans vraiment vouloir le rester, et adulte en même temps sans l’être réellement.

Jusque là, elle s’est toujours entendu avec lui, il l’a toujours couverte quand elle avait besoin de « renfort » pour ses folles nuits ou ses furtives échappées et s’est toujours mis de son côté quand il y avait un pépin avec les parents. Mais depuis quelques temps, Petit Frère veut jouer le rôle du grand.

L’autre jour, alors qu’elle sortait voir des amis, Miss Casa a été victime d’une scène d’intimidation. « T’as pas oublié de t’habiller? On voit la moitié de tes seins. Tu vas au hammam ou quoi? » Ce soir là, elle n’a pas réagi.

Deux jours plus tard, elle avait rendez-vous avec son homme, au programme: dîner en amoureux pour fêter leurs douze mois de cohabitation pacifiste. Bien-sûr, elle avait inventé un prétexte valable pour taire les colères parentales, mais le problème n’était plus là. « Si tu continues à voir ce voyou, je balance tout aux parents! » Là déjà, elle commençait à voir rouge, mais beaucoup trop en retard pour s’attarder sur un cas de chantage juvénile, elle s’est contenté de foncer retrouver son chéri qui l’attendait depuis plusieurs minutes déjà.

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JALOUSE

Il y a des matins comme ça, où la vie nous semble très injuste, où tout le monde a l’air plus beau, plus intéressant et plus heureux que soi. Ce matin Miss Casa est en mode « jalouse ». Jalouse de tout et de tout le monde.

Jalouse de sa sœur qui a toujours eu de meilleures notes qu’elle à l’école, et que les parents continuent de couvrir de compliments, même quand elle a décidé de se teindre les cheveux en rouge et de repeindre la maison en vert! Fantasme de fratricide…

Jalouse de cette copine qui se goinfre à longueur de journée de chocolat et de beignets à la confiture, et qui ne prend pas un kilo, alors qu’elle est obligée de suivre un régime pendant des semaines pour à peine en perdre 2! Injustice hypercalorique!

Jalouse de cette blonde plantureuse fière de sa poitrine incommensurable alors qu’elle rembourre son soutien-gorge avec du coton (et des chaussettes, mais ça elle ne l’avouera jamais). Ou comment passer de A à D!

Jalouse de sa meilleure amie qui file le parfait amour avec son chéri depuis la maternelle, alors qu’elle a du mal à garder un homme pendant tout un rendez-vous. L’endurance en amour, ou l’amour en endurance…

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Le printemps de Miss Casa

Depuis quelques jours, vous l’aurez peut-être remarqué, le temps est plus clément, ça bourgeonne de partout et les filles sont plus jolies. C’est le printemps, l’occasion pour Miss Casa de faire un brin de ménage printanier dans sa petite vie.

Réveillée délicieusement par les caresses du soleil sur sa peau, elle place sa journée sous le signe de la douceur. Aujourd’hui elle se consacre un vrai petit déjeuner. Ce matin, sa confiture industrielle a des goûts de mûres sauvages, et son café lui joue des airs de bossa nova dans les narines.

Fini le chignon strict qu’elle arbore depuis le mois de novembre, frisottis obligent, ce matin elle va au bureau les cheveux lâchés, libres, fleurant bon la camomille. Au lieu du col roulé, aujourd’hui c’est le tour du chemisier léger, qui dévoile une féminité certaine, et un certain intérêt de tous les mâles qui la croisent.

Le printemps ça vous booste de manière effective. Nouvelle garde-robe, nouvelle coupe de cheveux, nouveaux accords de paix avec les parents, plus aucune invitation elle ne déclinera, et plus aucun dimanche elle ne passera à la maison. C’est décidé, elle reprend les cours de sport, et ressort tous ses vieux cd, question de renouer avec son corps, et de dépoussiérer de vieux souvenirs à la recherche de nouvelles émotions.

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Miss Casa en terrasse

Comme souvent après le travail, Miss Casa rejoint ses copines dans un des cafés huppés de la ville, pour un debriefing de fin de journée. Comme il commence à faire beau, rien de tel qu’un petit moment en terrasse.

Comme à chaque fois, elle passe un bon quart d’heure à la recherche d’une place convenable pour sa petite citadine. Que ce soit au Maarif, Porte d’Anfa ou sur la Corniche, difficile voire impossible de se garer en un rien de temps. Donc mieux vaut ne pas être en retard. Pas de chance pour notre miss, en retard elle l’est, et largement!

Une fois sur place, elle tente de localiser la table de ses amies. Facile a priori, grâce à la crinière dorée de Lamia, et au sac non moins tape-à-l’œil de Dounia. La difficulté, c’est que dans ce genre d’endroits, toutes les filles sont blondes et ne se montrent jamais sans leur Louis Vuitton à damier, même contrefait, pourvu qu’elles se fondent dans la masse.

En général, ce genre d’endroits est conçu de sorte que chaque nouveau client qui fait son entrée est tout de suite repéré par tous. C’est la culture du « M’as-tu vu? », et donc point de vue ambiance, c’est tout vu.
Du coup, une fois arrivée sur place, notre miss traverse l’allée de ce fameuse villa art déco transformée en café. Perchées sur ses talons aiguilles, elle espère juste ne pas se vautrer en public, version gamelle de la gazelle, question de ne pas faire demain la une des ragots de la jet set casablancaise.

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La voiture de Miss Casa

Comme tous les matins, 8h pétantes, Miss Casa s’installe dans sa petite Picanto couleur vert gazon. Destination: le bureau.

Comme tous les matins, elle prévoit 30 bonnes minutes pour traverser la ville, et comme tous les matins, elle arrive au bureau avec une bonne dizaine de minutes de retard. Pas étonnant quand on habite Casa, où circulation rime avec aliénation…

Avant d’acheter sa voiture, Miss Casa avait déjà tout essayé: les transports en commun, beaucoup trop irréguliers quand on tient à garder son boulot; la moto, véritable appel au viol dès qu’on ose porter une jupe ou une robe; et le numéro 11 (soit à pied pour ceux qui n’auraient pas capté), suicidaire quand on doit traverser deux quartiers chauds de la ville pour se rendre à son travail.

Elle a donc vite compris que le seul véhicule décent pour non détendeur de testicules reste la voiture.

Sa petite voiture, finalement elle l’aime bien. Le plein d’essence lui coûte le tiers de son salaire, et les allers-retours chez le mécanicien le tiers de son temps libre, mais que serait-elle sans elle? Une âme errante à la recherche d’un rare taxi disponible, ou une petite créature vouée à se faire pincer les fesses dans le bus.

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Caftan et boite de nuit

Dans le Casa by night, les soirées se font de plus en plus branchées. Celle de ce soir me tient particulièrement à cœur. Seul petit détail à régler: l’autorisation parentale. Il faut savoir que mes parents me traitent comme une ado de 14 ans, donc interdiction de sortir après 20h. Or la soirée démarre à minuit … Comment sortir sans se faire punir?

Comme pour toute fille « de bonnes mœurs » (comme dirait mon cher papa), chacun de mes déplacements doit être justifié. Au fil des années et des occasions de faire la fête, je suis devenue une spécialiste du « Motif Crédible ». Passer la nuit chez une amie, partir deux jours en « mission professionnelle », les prétextes valables sont limités. Difficile donc de jongler avec tout ça tout en restant crédible aux yeux des parents. Pour cela, fréquence, ampleur et fiabilité du bobard sont à bien étudier.

Autant vous dire que cela devient de plus en plus compliqué pour moi à gérer, surtout que mes parents connaissent ceux de toutes mes amies, et pour quelqu’un qui travaille en centre d’appels, les déplacements (sur Marrakech, le weekend) pour « le travail » sont de plus en plus durs à défendre…

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