Les Habous est un quartier caméléon. S’aventurer dans une ruelle, traverser une place, pénétrer sous des arcades… Au moindre pas, on change d’univers. A chaque tournant, c’est un parfum nouveau qui se dégage de ces murs anciens. Avis à ceux qui veulent changer d’air…
Avec les beaux jours qui arrivent, c’est un vrai délice de se balader dans ce vieux quartier casablancais. Dessiné en 1917 par l’architecte Albert Laprade, il est construit dans un style néo-mauresque, afin d’y loger les Musulmans à faible revenu. On y retrouve la structure des médinas traditionnelles. Très vite, la classe aisée investira les habitations aux alentours de la mosquée tandis que les familles modestes s’installeront autour du marché.
Des séries étrangères en version française et en darija, c’est la mission de Plug-In. Une société de doublage sonore, la seule du genre au Maroc. Rencontre avec Jérôme Boukobza, l’un de ses fondateurs.
Comment est né l’idée de Plug-In ?
Avec Hicham (Chraibi, ndlr), on a créé ce studio en janvier 2007 dans le but de faire, au Maroc, du doublage de séries, de téléfilms et de films étrangers en français, pour moins chers. L’idée de départ était de délocaliser le doublage au Maroc. Jusque-là, le doublage se faisait en France et de plus en plus en Belgique, pour des raisons économiques. Notre ambition a été d’amener la tendance au Maroc, en proposant la même qualité, avec nos propres comédiens, à des prix 40% moins chers que la France. Ce qui a également motivé notre projet, à l’époque, c’est le phénomène d’explosion des centres d’appel au Maroc. On s’est dit que nous pourrions nous aussi, vendre de la voix à partir du Maroc, mais dans un secteur différent : l’audiovisuel.
Ils sont 4 garçons dans le vent de la musique rap. Ils viennent de sortir leur premier album « Révolution ». Ils sont casablancais. « Ils », c’est Hoofer, Nihho, BJH, Karim, plus connus sous le nom de Bizz2Risk, un collectif formé en 2003.
Vous venez de sortir Révolution. C’est votre tout premier album.
Tout à fait. « Révolution » est un album de 17 tracks. C’est en réalité notre premier album officiel, jusque-là on a sorti beaucoup de tracks, ici et là, mais ils n’avaient jamais été compilés en album. On a travaillé dessus pendant plus d’un an. Aujourd’hui, le groupe se structure plus que jamais. Comme, il n’y a pas encore de distributeurs officiels au Maroc, Révolution est téléchargeable gratuitement sur notre site www.bizz2risk.com. A part ça, on tourne à la radio, à la télé. On prépare aussi la scène. Des concerts s’organisent en Belgique, à Essaouira et d’autres villes sont en projets.
Oum est posée dans un hôtel entrain d’écrire, elle attend l’interview de Casawaves. A notre arrivée, elle s’installe confortablement sur un pouf. A même le sol, un café à la main, Oum nous raconte ses projets.
Oum est la plupart du temps enturbannée, en véritable Diva Marocaine de la soul musique. Oum est souvent regardée, comme sur papier glacé, figée, placée à l’endroit qu’on aime lui donner dans le paysage musical de la nouvelle scène.
Plus facile de « caser » un artiste que de s’asseoir pour entendre sa réalité. C’est ce que l’on comprend lorsqu’elle explique : « J’aimerai qu’on me photographie autrement qu’avec un turban, sous prétexte qu’il est le symbole c’est Oum pour le public » Oum regrette aussi qu’on lui demande toujours de raconter ses débuts alors que peut-être « il y a d’autres choses à aborder maintenant. »
Loin de son premier single « Hamdoullah », la chanteuse s’est « présentée » dit-elle, avec son premier album Likoum en 2009. « C’est vrai qu’on me connaissait par différents singles que j’ai sortie entre 2003 et 2007 (…) j’avais envie de dire bonjour avec ce premier album. » Cet album semble être le point de départ d’une indépendance choisie, celui d’une Oum bien dessinée. Aucun étonnement alors à la voir parler de ses projets qu’elle dit vouloir « pleins de sens. »
Elle explique : « Les projets que l’on a, sont des révélations de choses qui existent déjà en nous. » Elle ajoute : « 31 ans c’est aussi avoir d’autres préoccupations. J’ai des choses à dire, je souhaite me servir de la musique pour me soulager de ces choses et que ça serve. »
Après trois jours de pluie, les rayons de soleil ont percé les nuages noirs et illuminé les bâtiments de Casablanca. Les bâtiments et les trous béants. C’est devant un de ces trous, rue Sidi Belyout, en face de l’hôtel Royal Mansour, que l’association Casamémoire pour la sauvegarde du patrimoine architectural du XXème siècle a organisé mercredi matin un sit-in. Parce qu’avant le trou, il y avait un hôtel art déco des années 20. L’association l’avait identifié comme l’un des 45 immeubles de la ville à sauvegarder. L’hôtel a été démoli il y a deux mois.
Un autre immeuble, également sur la liste (établie par Casamémoire à la demande de la Wilaya) a été démoli la semaine dernière dans le quartier Gauthier. Les membres de Casamémoire protestent contre ces abattages sauvages. « Nous organisons ce sit-in pour interpeller les sympathisants de notre cause. Nous demandons le gel des démolitions, un inventaire du patrimoine et des zones à sauvegarder, ainsi qu’un véritable plan de protection afin d’instaurer des règles » déclare Laure Augereau, membre de l’association.
Mix, scratch, beat-juggling, cuts, effects … Ces mots barbares vous effraient ? Pas de panique. Le remède : une petite formation aux techniques du deejaying, et ces expressions n’auront plus de secret pour vous. Et pas besoin d’aller s’exiler dans le Bronx à New York, où est née la culture hip hop.
Rendez-vous dans le quartier Mers Sultan de Casablanca où la Funky Noise Dj School, fondée par Khalid Douache, alias Dj Key, est installée depuis 2006 …
Dj, réalisateur, producteur, et infographiste… Khalid Douache, alias Dj Key est un touche-à-tout. On le dit perfectionniste. Au premier abord, il semble humble, timide. Pourtant, une indéniable confiance en soi se dégage de lui, de la casquette aux baskets. Normal, c’est lui le précurseur du hip hop au Maroc, dj du groupe phare H-Kayne, premier dj à avoir sorti des mixtapes hip hop et tourné des clips pour les groupes du Royaume. « Lorsque j’ai commencé en 1994, la situation était pire qu’aujourd’hui. Pas de matériel, pas d’internet pour trouver les références du matériel. On ne trouvait que des cassettes audio. Les vinyles étaient réservés aux pros ».
Laura Gutiérrez Tejón, responsable de la programmation de l’Institut Cervantès de Casablanca, nous parle de la présence du centre espagnol sur la scène culturelle casablancaise. A noter dans son agenda : la soirée du vendredi 12 février.
Comment pensez-vous la programmation ?
On essaye de varier la programmation tous les mois et d’y faire figurer au moins une expo, un concerts, des activités pour enfants, une rencontre avec un écrivain, une conférence sur un sujet d’actualité ou une thématique sociale voire scientifique. De même, nous essayons de représenter tant les artistes marocains qu’espagnols. Toutes les propositions extérieures qui vont dans ce sens nous intéressent.
C’est le cas de la soirée du 12 février ?
Tout à fait. Ce soir-là, on a programmé une exposition et un concert. Il s’agit d’une soirée variée côté créativité artistique. D’une part avec l’expo « Regards marocains sur les caprices de Goya », pour laquelle on a demandé à des graveurs marocains de proposer leur vision sur le travail du peintre et graveur espagnol Goya.
Ils sont quatre jeunes musiciens, Anass, Jimi, Soufiane et Abd El Hak qui fondent Gnawa Click en 2006. Dans une entrevue gaie et bon enfant, ils nous parlent de leur carrière et de leur prochain album.
Samedi 14H30 à Ain Sbaa, un samedi pluvieux mais très ensoleillé musicalement chez les Gnawa Click. Une salle de répètition peinte en blanc et décorée de tissus colorés, comme leur musique, un mélange de Gnaoui, Reggae, Rock et oriental.
Ce groupe a vu le jour en 2006 et a remporté le deuxième prix du Boulevard la même année , leur année porte bonheur ! Ils enregistrent actuellement leur première album au studio « plein les oreilles » d’Ali Faraoui. Un premier single nommé « Maghribi » marche bien et passe sur les ondes nationales.
Les Semaines du Film Européen : comment réconcilier le public avec le cinéma
Lundi soir à Casablanca. Quartier Mers-Sultan. Un promeneur rejoignant le rond-point a stoppé net, au beau milieu du trottoir de la rue Mers Sultan. Il reste là, interloqué, se grattant machinalement le crâne. Une scène semble le frapper de stupeur. Il y a de quoi : la foule se presse au guichet du cinéma Lynx. On se croirait revenus au bon vieux temps. Celui d’avant internet, des paraboles, et des dvd piratés. La file d’attente s’étire jusque dans la rue, composée de Marocains et d’étrangers, la plupart français et espagnols, réunis par l’amour du cinéma.