Noreddine Karam Chada Fm

Animateur phare de Chada Fm, Noreddine Karam anime tous les soirs « Koi D’9 » de 19h30 à 21h30. Un moment de pure libre antenne pour cet ex-chargé de mission à la Mairie de Paris.

Vous avez un coup de gueule à passer, une histoire familiale sordide à confier, des conseils à prodiguer ? Alors c’est Noreddine Karam qu’il faut appeler. Tous les soirs, cet ex-MRE arrivé au Maroc en 2006 donne la parole à ses auditeurs. Et ça balance grave. « Tous les soirs, je me retrouve tout seul face aux auditeurs. Je leur demande d’appeler. Ils me racontent leurs soucis, sollicitent mon avis. Parfois, je mets deux personnes face à face pour qu’elles se parlent ».

Noreddine Karam se considère toujours comme un élément étranger. Et la société marocaine, ce n’est pas en potassant dans des livres qu’on apprend à la connaître. « Ma préparation, c’est de me baigner dans la société, pour mieux la connaître et savoir l’appréhender » explique ce diplômé en sociologie. Né à Casablanca, Noreddine a grandit en France. Radio associative, animation semi-professionnelle, radio communautaire… Noreddine s’initie à la radio sans pour autant en faire son métier. De 2003 à 2006, il est chargé de mission à la mairie de Paris. L’été 2006, Radio Chaîne Inter lui propose d’animer une émission pendant les vacances. La cible : les Marocains résidents à l’étranger venus passer leurs vacances au Maroc. Le ton : décomplexé.

Le succès est tel que la SNRT lui propose de revenir, ce qu’il fera en novembre 2007, pour animer l’émission « VIP » tous les soirs de 19h à 22h et « Sebt Hayha » tous les samedi soir. « Pendant un an et demi, ça a été un gros succès, se souvient Noreddine. Ca marchait très bien. Et puis ils m’ont viré, en avril 2008 ». Pour lui, ce sont des histoires de jalousies. Le ton ne plaît pas. Qui est donc ce type, débarqué de Paris avec ses gros sabots et son horrible accent ? « Moi je parle un langage très direct. Sans raffinement. Je n’arrive pas à subtiliser la langue arabe. Mon arabe est un arabe de paysans, celui de mes parents. J’ai un accent de MRE. Ce qui donne un bon contraste avec mon français universitaire. En tout cas, ça parle à tout le monde ».

Exit les coincés de la chaîne Inter, Noreddine se retrouve… au chômage. Heureusement, Rachid Hayek de Chada Fm lui propose une place. Noreddine devient animateur et directeurs des programmes. Cet amoureux de la musique des années 60, 70 et 80 trouve enfin une terre où planter ses racines. Et se prend de plein fouet les réflexions, paradoxes et attentes des Marocains. « C’est un drôle de pays, le Maroc. Ils te racontent des choses qu’en France ils ne diraient pas. Je trouve que les Maghrébins de France sont beaucoup plus conservateurs qu’ici ». En quelques mois, l’animateur a su établir un véritable lien de confiance avec ses auditeurs, qu’il appelle « khouya » et « khouyti ».

D’ailleurs, ce jour-là, le premier appel donne le ton : une jeune femme au téléphone, confie son histoire et, de désespoir, fondra en larmes. Noreddine l’écoutera patiemment. C’est cela aussi, animer une émission : donner la parole aux autres.

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