Les premières note de L’Boulevard 2010
L’affiche promettait une invasion de couscoussières volantes, nous aucune vaisselle à l’horizon. L’Boulevard, ce sont plutôt 4 jours de concert pour tous les goûts, au moins six artistes par soir, et un événement passé d’underground à incontournable. Petite virée au stade du C.O.C., à Casablanca, où nous nous sommes glissés dès l’ouverture de la grille pour voir à quoi allait ressembler cette 11e édition.
Dimanche, au plus fort du festival, ils attendent jusqu’à 30 mille personnes. Il devrait y en avoir entre 15 et 20 mille la veille, mais pour le moment, calme plat. L’Boulevard ouvre tout juste ses portes, nous sommes en semaine, et le concert hip hop n’est pas celui qui attire le plus de public. Alors la foule entre doucement, les plus assidus s’installent juste devant la scène, les autres essaiment la pelouse du stade. En attendant que le premier concert commence, ce qui marche le mieux, c’est le stand d’un sponsor, qui propose cadeaux et battle de break-dance. Les premiers cris rugissent sur scène.
Devant les grilles, les plus jeunes, ceux qu’on n’a pas laissé rentrer, trépignent. La foule se presse pour aller voir, encadrée par un important dispositif de sécurité. Gendarmerie royale. Militaires. Sécurité privée. Chiens. « Il y a quelques années, j’étais devant la scène, et j’ai vu une foule arriver, je me serais cru dans Gladiator, raconte une habituée. Elle a tout emporté, les barrières, les grilles de sécurité, tout. Alors maintenant, quand je vois tous ces gendarmes, je suis tranquille, le lieu est bien sécurisée, il n’y a plus de problème. »
Au bout du stade, les grillages ont été enlevés, pour faire plus d’espace. Derrière, quelques associations ont posé leur stand. Elles viennent communiquer, apporte leur pierre à l’édifice, et présente leurs actions tout en vendant divers produits. Au milieu des tenues traditionnelles trônent des t-shirts de Woodstock, quelques photos de Bob Marley, un drapeau Nirvana. « Le but, c’est aussi de parler de nos évènements à nous, être présent », raconte Sara et Sanae, de l’Association Musique Espoir. Elles regardent la foule. « Et ici, on croise tous les publics ».
Et c’est vrai qu’ils sont tous là, ou presque. Quelques casquettes, des lunettes Ray Ban, des chapeaux, et deux ou trois dreadlocks qui ne tiennent pas en dessous. « Il y une bande de réguliers, assez vaste, nous dit Karima, qui vient chaque année, et puis il y a ensuite un style par jour. Dimanche, pour la journée métal, vous allez voir, il faudra sortir les robes en mousseline, les gants noirs, et les colliers à pique. »
La foule a commencé à s’amasser devant la scène. La fête ne sera pas complète, un DJ n’a pas pu venir, volcan oblige. Les français du Peuple de l’Herbe, eux aussi, ont failli ne pas pouvoir faire le déplacement. Mais ils seront là, comme promis, samedi, et on finira en beauté avec Sepultura. Des grandes têtes d’affiche qui viennent attirer près de 100.000 personnes en quatre jours, personne n’y aurait cru, il y a une dizaine d’années. L’année dernière, l’association a même du annuler le festival, pour se concentrer sur d’autres objectifs. Il aurait été dommage qu’ils ne remettent pas ça en 2010.









