Dans les coulisses de Casablanca

Le WE dernier, dans le cadre des « Journée internationale des monuments et des sites », les casablancais ont pu visiter des lieux qui leur sont rarement accessibles. Explications de Patrice Armengau, Directeur de l’Institut français et co-organisateur des journées du patrimoine.

Depuis quand Casablanca célèbre-t-elle la « Journée internationale des monuments et des sites ». Pourquoi ne pas l’avoir fait plus tôt ?
Depuis 1983, l’UNESCO a désigné le 18 avril « Journée internationale des monuments et des sites ». C’est l’occasion de sensibiliser le public à la diversité et à la valeur du patrimoine qui l’entoure. Casablanca en est à sa deuxième édition mais il n’est jamais trop tard pour bien faire.

Casa est la première ville du Maroc et du Monde Arabe à célébrer cette manifestation. La prise de conscience et la richesse du patrimoine de la ville commence à être partagée. Le Maroc valorise déjà très bien son patrimoine, comme celui de Marrakech ou des villes impériales. Celui de Casablanca est pourtant tout aussi intéressant mais on a longtemps imaginé qu’il ne valait pas la peine d’être exploité.

Quels monuments ont été ouverts au public ? Comment s’est porté ce choix ?
Il faut savoir que les Journées du patrimoine sont une co-organisation entre l’association Casamémoire, le Ministère de la Culture, la Ville de Casablanca, la Fondation ONA (département des arts) et l’Institut français culturel de Casablanca, avec le concours de nombreux prestataires. L’année passée, on avait choisi une dizaine de monuments, les plus emblématiques et les plus faciles à repérer, autour de la place Mohammed V. La différence, cette année, c’est que l’on a élargi la sélection à un échantillon plus représentatif : la Grande Poste, le Tribunal, la Wilaya / Hôtel de ville, la Banque El Maghrib, le Consulat de France, l’école des Beaux-Arts, l’ancienne église du Sacré-Cœur, la Villa des arts, la Coupole et le parc de la Ligue arabe, le Consulat d’Italie, l’Hôtel Transatlantique, le Cinéma-théâtre Rialto, l’église Notre-Dame-de-Lourdes. Il y avait moins de sites administratifs mais davantage d’hôtels, de cinés et d’autres quartiers que le centre ville : l’ancienne médina, les Habbous. On avait l’embarras du choix mais on a dû renoncer à plusieurs édifices intéressants qui seront présentés l’année prochaine. En parallèle, une exposition était consacrée à l’artiste peintre Jacques Majorelle. Cette exposition, en huit tableaux, est organisée à l’initiative du Consul général de France de Casablanca par l’Institut français.

Qui était en charge des visites ?
Ce sont des bénévoles. Sur 120 candidatures, on a sélectionné 75 guides bénévoles. Parmi eux, des étudiants et gens sensibles à la cause du patrimoine. Ils ont reçu des formations de la part d’architectes et de professeurs d’histoires. Des formations que ne se limitaient pas aux seuls bâtiments mais également à l’histoire de Casablanca, du Maroc ou même à l’histoire de l’art.

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