Les Semaines du Film Européen à Casablanca
Les Semaines du Film Européen : comment réconcilier le public avec le cinéma
Lundi soir à Casablanca. Quartier Mers-Sultan. Un promeneur rejoignant le rond-point a stoppé net, au beau milieu du trottoir de la rue Mers Sultan. Il reste là, interloqué, se grattant machinalement le crâne. Une scène semble le frapper de stupeur. Il y a de quoi : la foule se presse au guichet du cinéma Lynx. On se croirait revenus au bon vieux temps. Celui d’avant internet, des paraboles, et des dvd piratés. La file d’attente s’étire jusque dans la rue, composée de Marocains et d’étrangers, la plupart français et espagnols, réunis par l’amour du cinéma.
Le cupidon s’appelle Semaines du Film Européen alias SFE, 19 ans, un grand-père dans le cercle des festivals marocains. Depuis 1991, la délégation de l’Union européenne, les ambassades, les instituts culturels des états de l’UE, le ministère de la Communication et le Centre cinématographique marocain organisent ensemble ce festival non compétitif.
Le principe : projeter à Tétouan, Rabat, Marrakech et Casablanca une dizaine de films, pellicules de qualité, primées ou présentées lors de grands festivals cinématographiques. Le concept a du succès : l’année dernière, 17 000 spectateurs ont goûté aux délices des salles obscures, avec une certaine affluence au même Lynx de Casablanca pour « Entre les murs » de Laurent Cantet, primé à Cannes en 2008. Cette année, la Palme d’or 2009, «Le ruban blanc » de Michael Haneke clôturera les SFE dans chaque ville (mercredi 10 février pour Casablanca)
Cette année, dix pays sont à l’affiche : Espagne, Belgique, Allemagne, République Tchèque, Roumanie, France, Italie, Grande Bretagne, Suède et Autriche. Les occasions de voir les noms de ces pays côte à côte sont rares, se résumant à la politique, ou aux livres d’histoire retraçant la Seconde Guerre Mondiale et la construction de l’Europe.
Lundi soir, à Casablanca, le festival s’est donc ouvert avec une touche espagnole. Almodovaresque, plutôt, avec la projection des « Etreintes brisées » réalisées par le metteur en scène le plus couru de la péninsule ibérique, Pedro Almodovar. A travers ces projections, les SFE tentent de mettre en lumière le cheminement intellectuel des cinéastes, qui racontent leur Europe, leur histoires, leurs vies. Un certain regard sur le monde.
Programmation de Casablanca, au cinéma Lynx
Mardi 2 février, 18h30 : « Panique au village » de V. Patar et S. Aubier (Belgique)
Mercredi 3 février, 20h : « Soul Kitchen » de Fatih Akin (Allemagne)
Jeudi 4 février, 20h : « Country Teacher » de Bohdan Sláma (République Tchèque)
Vendredi 5 février, 20h : « La fille la plus heureuse du monde » de Radu Jude (Roumanie)
Samedi 6 février, 20h : « Adieu Gary » de Nassim Amaouche (France)
Dimanche 7 février, 20h : « Vincere » de Marco Bellocchio (Italie)
Lundi 8 février, 20h : « Looking for Eric » (Grande Bretagne)
Mardi 9 février, 20h : « Morse » de Tomas Alfredson (Suède)
Mercredi 10 février, 20h : « Le ruban blanc » de Michael Haneke (Autriche)
Tarifs : 10 DH par séance ou 50 DH pour un pass 10 séances.
Plus d’informations sur www.filmeuropeen-maroc.com
Marion Despouys



