« Votre maman fait des caftans ? »

Bogoss se trouvait de nouveau face à la Tentatrice. Il était sans voix, affichant un sourire béat « Si nous allions dans votre bureau ? », dit-elle, en se dirigeant sur vers la porte vitrée sans attendre de réponse … c’est encore elle qui tenait les rennes, lui n’avait d’autre choix que de la suivre.

Il s’installe derrière l’imposant bureau en bois massif. Elle s’est déjà assise dans l’un grand fauteuil en cuir qui lui fait face. Un parfum féminin envahissait déjà la pièce silencieuse. Alors qu’elle croise et décroise ses jambes, l’imagination de Bogoss commence à s’envoler, il s’entend dire « et … donc vous vouliez ? ».

« Un billet d’avion …» dit-elle, « et vous accorder une faveur le dans cas où le prix me conviendrait ! »

Bogoss est intrigué. Comme à son habitude la Tentatrice a excité son intérêt et il voulu en savoir plus sur la nature de cette faveur.

« Je peux vous ramener votre client français, et le convaincre d’investir le double de ce qu’il avait prévu » … « En échange je me contenterais d’un vol pour les Maldives »

Il pensa immédiatement au visage de papa quand il lui annoncerait la bonne nouvelle. Alors qu’une onde de plaisir parcourait son corps, son esprit commençait à chercher l’embrouille. « Pourquoi c’est à moi qu’elle demande ça ? », la Tentatrice aurait certainement pu se faire offrir le billet d’avion par l’un de ces multiples pigeons qui lui courent après …

Il essaya de chercher la réponse dans ses yeux, mais elle avait déjà détourné le visage. Elle allume alors une cigarette et avec beaucoup d’élégance se leva pour faire le tour de la pièce.

Entre les caftans de maman qui devaient être livrés à des clientes de l’agence, les vases en bronze ramenés de Fès, le tapis Rbati qui coute une fortune et les broderies posé sur un sofa en cuir, le bureau était comme une sorte d’annexe de la villa familiale. En suivant des yeux la silhouette brune, il se rappelait qu’il était lui aussi ici comme un corps étranger. « Baba » ne lui avait jamais permis de mettre des choses à lui …

« Votre maman fait des caftans ? » dit elle, avec une voix qui paraissait un peu moqueuse. « Sympa ! » lâche t’elle en se rasseyant face à lui, sans même porter attention à sa réponse.

« Nous sommes d’accord – on fait comme ça ? », poursuit elle en prenant le stylo Mont-Blanc posé sur le bureau. Bogoss regardait ce corps parfumé noter un numéro de téléphone sur un post it – son cerveau à lui était sur la touche pause depuis longtemps …

Alors qu’elle franchit la porte, elle lui lance « Au fait, ce sera un vol pour deux personnes … c’est un voyage de noce » …

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- Bogoss Casa

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