Jeunes, bien élevés, souriants… En plus de leurs allures de gendres parfaits, les Zazz Band sont d’excellents musiciens en pleine ascension, aujourd’hui dignes représentants de la nouvelle scène marocaine.
Samedi soir. Un grand hôtel de Casablanca. Une association organise une soirée de charité pour récolter des fonds. Spectacles de chants, danse et théâtre se succèdent, interprétés par des enfants et amis de l’association. En coulisses, quelques jeunes hommes attendent patiemment leur tour. Il s’agit des membres de Zazz Band, groupe de musique casablancais qui cartonne.
Fondé en 2006, et gagnant du Boulevard en 2007 dans la catégorie fusion, Zazz Band a sorti son premier album en avril 2009, « Ana 3arabi », dont plusieurs morceaux grimpent au sommet des Tops des radios marocaines. Ce samedi soir, Zazz Band offre son soutien à l’association en se produisant bénévolement, le temps de trois morceaux. Et ça leur va bien, aux Zazz Band, cet esprit de solidarité, qui accompagne à merveille leur allure de gendres-parfaits-mais-canailles-sur-les-bords. « Zazz, ça veut dire chic, explique Idriss, guitariste et chanteur. Donc être zazz, c’est être chic. Et la Zazz attitude, c’est une manière d’être, positive, correcte dans la tenue vestimentaire, dans la façon de s’adresser aux gens, la bonne humeur… ». Gendres parfaits, on vous dit.

Et visiblement, cela fonctionne. Sur 5000 albums produits, 3000 ont été vendus. Un chiffre acceptable pour une industrie du disque gangrénée par le piratage. Mais insuffisant. Aucun membre du groupe ne vit de la musique. Sur l’album, Zazz Band cuisine : chaâbi, gnaoui, reggada, reggae, ska, jazz, funk… En live, la sauce est différente. « Nous avons recentré notre musique sur les styles marocains. Nous avons rajouté de la mandoline. Et nos chansons ont une touche plus orientale, gharnatie », précise Idriss. A l’occasion de ce concert bénévole, le groupe a sélectionné des morceaux chaâbi, reggae et bossa plutôt rythmés « pour faire bouger le public » espère le percussionniste Abdellilah. Pour cause de scène trop petite, ce soir-là, les Zazz Band se produisent à six au lieu de neuf. Et sans batterie. Un concert presque acoustique.

Les chansons du groupe sont écrites interprétées par Imad, le bassiste, et Idriss un des guitaristes. « Nous essayons d’aborder des thèmes nouveaux, comme la souffrance du soldat, dans la chanson Ana Joundi. On parle aussi de la guerre, du terrorisme, de la nature, de l’originalité arabe… énumère Idriss ». Leur style et leur engagement plaisent. Le groupe a été élu meilleur album du mois de mars sur le site groovalizacion.com, web radio avant-gardiste et métissée.

En 2009, Zazz Band s’est produit au festival des Musiques Sacrées de Fès. Le groupe devait également être présent au festival de la paix d’Aubagne. Faute de visa pour ses compères, Idriss y est allé seul. Et a réussi à représenter le groupe en jouant avec des musiciens étrangers. Pour l’année 2010, le groupe est invité au Marsatac de Marseille, l’un des plus gros festivals français. Quant au festival de la paix d’Aubagne, les organisateurs ont renouvelé leur invitation, en programmant Zazz Band pour trois dates. En espérant que cette fois, le consulat français se montre plus coopératif envers ces artistes en plein décollage.

En attendant, Zazz Band avance, avec bonne humeur. Le groupe a plusieurs projets de singles. Au lendemain du concert, les musiciens devaient se retrouver dans leur salle de répétition du quartier Belvédère de Casablanca pour tourner leur premier clip. La salle de répétition est surnommée Kandahar, « car elle située dans une usine en ruine, comme la ville de Kandahar en Afghanistan » rigole Abdellilah. Rendez-vous en 2010 pour visionner le clip.
Ecrit par Marion Despouys / Photos Wahid Tijani
