Mobile Film Festival : le cinéma 2.0 made in Morocco

Un téléphone mobile = un film d’une minute visible sur internet. Telle est l’équation simplissime que propose le Mobile Film Festival qui débarque au Maroc.

Créé il y a cinq ans en France, le concept du Mobile Film Festival est aujourd’hui importé au Maroc, à l’initiative d’Art Up, une agence de production et de promotion artistique, menée par Clotaire Thomazo, installé depuis 20 ans au Maroc. Ce dernier explique pourquoi il a pensé organiser ce festival dans le royaume : « Le Maroc est leader du Maghreb dans les technologies 2.0 et le cinéma, et bénéficie d’une forte présence dans les blogs et les vidéos postées sur des sites de partage comme Youtube ». Un terrain fertile pour un festival de film sur téléphone mobile.

L’idée semble enfantine : si votre téléphone est équipé d’une caméra, il vous suffit de réaliser un film d’une minute et de l’envoyer sur le site internet de l’évènement, http://maroc.mobilefilmfestival.com. Pas si facile, en réalité. Et Clotaire Thomazo, qui fait la présélection des films, le reconnaît : « l’idée de ce festival est d’encourager la créativité. Et réaliser un bon film sur un téléphone d’une minute maximum demande un tant soit peu de réflexion sur la mise en scène, la musique, le montage, la réalisation ». En d’autres termes, films violents ou vidéo gags, s’abstenir.

Et lorsque Clotaire décide d’écarter un film de la sélection, il prend le temps d’écrire un mail à l’apprenti réalisateur pour lui expliquer pourquoi, et comment retravailler son film. Une démarche pédagogique qui vise à encourager la créativité plutôt que de casser l’élan de ces jeunes. « Parfois, les films ne sont pas excellents au niveau de la réalisation, explique Clotaire. Mais il y a un message derrière, donc je le sélectionne. D’ailleurs, 90% des films que j’ai reçu sont engagés ».

Comparés aux films du Mobile Film Festival de France, plutôt intellectuels, les vidéos reçues au Maroc sont brutes, pessimistes, mettent souvent en scène des drames violents. Les apprentis réalisateurs filment leur réalité de jeunes défavorisés qui trainent dans la rue et tournent mal. « C’est la génération Casa Negra » résume Clotaire.

En 2006, Le Mobile Film Festival français avait reçu 110 films, et 30 000 spectateurs avaient visionné les films sur le site web. En 2009, 350 films ont été envoyés aux organisateurs et 350 000 spectateurs les ont regardées sur internet. Pour le moment, au Maroc, les organisateurs ont reçu une soixantaine de films. « Il faut savoir qu’en France, le festival reçoit 80 % des films dans les 10 derniers jours » précise Clotaire. Pour le moment, presqu’une trentaine de films marocains ont été sélectionnés et mis en ligne sur le site. Et visionnés 40 000 fois.

Ceux qui souhaitent participer ont jusqu’au 5 décembre pour envoyer leurs films. Les gagnants seront sélectionnés par un jury, présidé par le réalisateur Nour-Eddine Lakhmari et composé de professionnels : l’animateur radio Momo, la journaliste Maria Daïf, la critique d’art et écrivain Abla Ababou, l’actrice Meryem Raoui et le réalisateur Mohamed Achaour. La soirée de remise des prix se tiendra le 17 décembre au Théâtre Mohammed VI de Casablanca. A gagner : un ordinateur portable, un prix de 2.000 DH, un stage sur le prochain tournage de Lakhmari ou encore une formation audiovisuelle dans une école de Casablanca. A vos téléphones… Prêts ? Filmez !
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Par
Marion Despouys

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