Casawaves Casablanca

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Zineb Rami In Casa (2/2)

las muñecasAprès Zineb Rami : la salsera marocaine (1/2),
2ème partie du portrait de Zineb Rami.
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Casawaves : est-ce facile de se présenter en tant que « danseuse » ?

Zineb Rami : je ne suis pas seulement danseuse mais professionnelle de la Salsa… et je n’ai aucune honte à l’afficher ! D’ailleurs, j’ai des flyers et stikers dans ma voiture pour faire la promo de mon établissement.

CW : tu n’as donc jamais souffert de mépris ou de jugement léger de la part de ton entourage proche ?

ZR : je danse depuis l’âge de 17 ans. Au départ c’était la danse orientale dans ma salle de sport que j’ai arrêté durant mes études à l’ENCG à Settat. A mon retour, j’ai voulu apprendre la salsa qui est une danse sociale : c’est-à-dire qu’à travers, on fait des rencontres, on connaît des gens et on communique avec autrui… cette notion là n’a évidemment pas été appréciée par mon père, j’ai dû me battre et débattre de la nécessité de sortir dans des soirées Salsa pour pratiquer ma danse et connaître du monde.

CW : c’est aussi une danse langoureuse et sensuelle… ça devrait donner des sueurs froides à tout père !

ZR : en voilà un cliché que je me ferai un plaisir de corriger ! la Salsa est comme toutes les danses de salon, certes sensuelle mais absolument pas vulgaire… ce n’est pas le zouk où les danseurs sont pratiquement collés… des figures plus provocatrices sont possibles bien entendu, mais ça relève du choix des partenaires et non des principes de base de la danse…

Toujours est-il que Zineb a vu le temps passer avant que son père conservateur ne se rende compte du sérieux de son entreprise. Une fois son approbation acquise, le reste de l’entourage importait peu. Au travail comme au voisinage, la compréhension de son activité lui apportait certes satisfaction, mais ne lui était pas nécessaire pour avancer.

Vendre le sérieux de son produit est passé par plusieurs étapes où elle a dû instaurer des règles et des principes pour imposer un certain respect pour son travail et fidéliser une clientèle qui a vite intégré le mécanisme de la formation.

«  Il y a des personnes qui décrochent après un mois, et pas parce qu’on est méchant (rire), mais parce leur stigmatisation de la danse leur donne des idées tordues… mais dès qu’ils sont confrontés au sérieux de l’enseignement ils décrochent ! »

zineb

Zineb admet que son projet n’aurait pas pris consistance ailleurs que sur la grande métropole… selon elle, le Casablancais est ouvert à la nouveauté, intelligent, curieux et assoiffé de s’imprégner des autres cultures, le plus évident et accessible d’une culture étant la musique et la danse :

«  pas étonnant que la scène culturelle à Casa s’ouvre aux différents types de musique et que chaque danse trouve public et amateurs ! et à ceux qui prétendent que la Salsa n’est pas marocaine, je précise que le rock ou le hip hop ne sont pas marocains non plus…»

Bien décidée à inclure la Salsa dans la programmation future des festivals de Casa, Zineb œuvre pour intégrer la danse dans l’habitus Casaoui…

« la Salsa en tant que danse sociale est un véritable moyen de se libérer des complexes liés à l’expression corporelle et, de là, de se défaire d’une mentalité rétrograde qui pèse particulièrement aux filles… »

Un appel clair aux Casaouis : danser n’atteint pas à la pudeur, danser c’est s’exprimer tout en respect, danser c’est aimer la vie et s’adonner à la passion en contribuant à l’épanouissement d’une discipline culturelle déjà présente au Maroc depuis bien des siècles…