Casawaves Casablanca

Magazine : Culture, Société, Economie, …

Une « Terre des hommes » … pour les enfants

« Au Maroc, la justice est encore très balbutiante tant en justice juvénile qu’en réparations des droits d’enfants victimes de violence mais la réforme de la justice nous donne une lueur d’espoir ! »

jcg

C’est ainsi que le Jean Christophe Gérard (*) se prononce quant au droit de l’enfant au Maroc. Au sein de la fondation « Terre des hommes« , présente au Maroc depuis déjà 45 ans, le social et la santé sont des créneaux, mais la protection de l’enfance est un vrai combat !

« On espère la réforme avec impatience ! En attendant, on plaide pour une justice juvénile restauratrice plutôt que rétributive et on forme des acteurs sociaux dans l’approche Droit!»

« On œuvre justement pour hiérarchiser les peines. Si l’on peut se contenter d’imposer des travaux d’ordre général à un délinquant mineur au lieu de lui infliger un environnement nuisible, on gagnera nettement en matière de justice et on pourra se flatter d’avoir sauvé un jeune au bord de la dérive en transformant le mal commis en action positive».

D’autre part, un sujet d’inquiétude pour Terre des hommes est que dans les maisons de sauvegardes, un enfant abandonné ou une petite bonne enfuie peuvent côtoyer des mineurs à tendances criminelles.

Si les associations de protection de l’enfance existent bel et bien au Maroc et déploient efforts et ressources pour venir au secours de l’enfance maltraitée, les procédures législatives plaidant pour l’éviction et la criminalisation de la maltraitance sont très déficientes ou inexistantes (l’emploi de domestiques)…

« il arrive qu’au sein même d’institutions pour protection de l’enfance, des cas de violence contre des enfants soient observés… l’une des mission qui m’incombent d’ailleurs au sein de la fondation « Terre des hommes » est celui d’offrir un soutien technique auprès d’associations et institutions responsables d’enfants à mettre en place une politique de protection de l’enfant. Politique qui permettra de prévenir l’abus, donnera aux enfants la possibilité de porter plainte et mettra en place les procédures d’investigation administrative interne. Il faut savoir que travailler aussi intimement avec l’enfance peut susciter la convoitise de personnes, pas forcément animées par la fibre humanitaire.

Cependant, il faut tenir compte du profil psychologique des enfants en situation difficile, car il se peut des fois que l’accusation soit mensongère. D’où l’intérêt des associations à coopérer afin d’instaurer un système de protection, et des enfants, des éducateurs et de l’association elle-même! »

Dans l’éventail des lois à relire et à reprendre, celle du travail des enfants, et notamment des petites bonnes, fait la une des médias mais aussi des priorités de la fondation Terre des hommes.

« âge du travail, conditions du travail et droits à l’éducation… travailler sur le terrain c’est bien mais agir au niveau de la justice diminuerait nettement des écarts de conduite vis-à-vis des jeunes travailleurs.

dans des villages d’Agadir, une des régions qui exporte un grand nombre de petites bonnes, on est arrivé même à dissuader des dizaines de familles d’envoyer leur filles en ville… trouver l’alternative n’est pas toujours aisé, mais on essaie du moins à éclairer les parents quant à l’avenir de leurs enfants et les risques qu’ils encourent tous seuls et sans protection. »

En attendant les réformes de la justice tant espérée par Jean Christophe Gérard, le jugement de la femme inculpée pour torture de la petite Zineb Chtit, et l’acquittement du juge, laisse amères tous les observateurs de cette affaire…
_____________________________
(*) Jean Christophe Gérard est le représentant de Tdh au Maroc.