Ce jeune Tanguero ne se doutait certainement pas de ce que lui réservait son destin lorsqu’il a foulé pour la première fois le seuil de la Casa Del Arte.
L’évènement Chor’ida a dévoilé Ali Boumejdil, ce jeune ingénieur féru de danse argentine qui est arrivé à en faire une deuxième profession en dispensant des classes de Tango à la Casa Del Arte : on aurait pu lui « refaire le portrait » mais le directeur de l’école commence à parler de l’art et de son pouvoir de changer des vies…
A titre d’exemple, il nous cite l’histoire romantique de ce jeune adolescent qui s’est détaché de son parcours scolaire, exposant son père (le régisseur du complexe) aux tracas habituels de la paternité. Pour surveiller son fils de près, il commence à le ramener avec lui pour l’assister dans son travail.
A l’époque, Simo a 16 ans. Il découvre un monde aux couleurs surnaturelles ! un bon bain d’art et d’expression auquel il avait accès avec la bénédiction des gérants de l’école. Comme tout ado assoiffé de mouvement, la danse l’a appelé à elle. Il a tout un éventail de danses mais son « kiffe » est déconcertant !
« dès le premier regard ! un pas vif, une musique saisissante, une attitude violente : ça m’a tout de suite chamboulé ! j’aurais pu me laisser tenter par toutes les autres danses, Rock, salsa, hip hop, mais le tango m’a ensorcelé…. »
Toutes les portes se sont ouvertes à Simo, sauf celle de la salle de Tango parce qu’il n’avait pas de partenaire. il est condamné alors à être spectateur de cette transe qui le fascine, quand il est repéré un jour par une danseuse de tango étrangère qui, séduite par son petit air affamé, l’invite à faire quelques pas. Elle se charge à la fin du cours de le confier à l’institutrice pour avoir remarqué chez lui un certain talent.
« un an après, les gens présents pour le festival de Tango ont pris Simo pour un professionnel venu se produire pour la Casa Del Arte. » nous explique le directeur Adam El Mahfoudi avec Amusement.

Simo reprend les études et s’accroche sérieusement, en prenant des cours de langue pour un meilleur échange avec les danseurs étrangers. Il passe pratiquement tout son temps à travailler ses pas. A l’école ou à la maison, il s’entraîne doublement pour arriver à sa fin :
« Devenir professionnel du Tango, décrocher mon diplôme de tanguero en Argentine et revenir danser et enseigner cette danse. Peu de mes amis accrochent au Tango, plus portés sur la Salsa ou le Hip Hop, ils ne se doutent pas que danser le Tango ressort ce qu’on a dans les tripes et exprime une façon d’être et non une humeur. »
Une passion qui ne passe pas inaperçue. En partant explorer ce complexe artistique, Simo accompagne et guide les prises de photos, il nous ouvre les sales et nous indique les fonctions de chaque espace, avec une certaine fierté. La Casa Del Arte semble l’avoir adopté et lui semble lui vouer une adoration particulière.
On apprend au fil de la discussion avec Adam El Mahfoudi que Simo aura droit à des stages avec des professionnels à l’étranger en plus de ceux offerts à la Casa Del Arte, notamment avec Jorge Rodriguez que le jeune Simo attend avec impatience.
Le jeune homme doit avoir clairement gagné en confiance, comme en atteste sa gestuelle fluide mais déterminée et le regard franc. Désormais, il sait ce qu’il veut : étudier pour s’instruire et nourrir la passion qu’il a découverte pour une danse qui tranche avec le patrimoine culturel local.