Célibataires à Casablanca (2) : 3 témoignages masculins

Avant d’aborder le sujet du célibat sous l’angle de la sociologie, nous complétons les témoignages féminins, par 3 témoignages masculins.

Les Marocains souffrent autant que les Marocaines du célibat. Lors de notre reportage précédent, les femmes ont reconnu le manque de temps, d’indépendance dans une société patriarcale, ou de confiance en les hommes, comme les raisons principales de leur impossibilité à trouver l’âme sœur. Certaines, plus rares ont avancées l’insouciance, voire la tendance au libertinage. Mais qu’en est-il des hommes ? Alae Bennani a mené l’enquête…

* Saïd, 25 ans, cadre bancaire.

Saïd n’a a priori aucun préjugé sur la vie de couple. Il cherche l’Amour et prend son temps pour le retrouver « J’ai 25 ans, je pense que j’ai encore le temps de chercher l’âme sœur… »

Musulman non pratiquant, il prône la libération sexuelle… Mais pas forcément pour sa futur moitié : « Je couche avec des filles. Je suis épanoui sexuellement. Mais si une nana sort avec un mec différent chaque semaine, il est hors de question que je l’épouse. Par contre, si elle a eu quelques aventures sexuelles, cela me dérangerait forcement un peu mais ne m’empêcherait pas de me marier avec elle. »

Il reste cependant réaliste et tolérant : « Virginité ? Est-ce un critère à l’heure où les opérations chirurgicales pour restaurer l’hymen sont à la portée de toutes ? Et qu’elle boive ou qu’elle fume, c’est son problème ! »

Comme la majorité des interrogés, Saïd attend une demoiselle de bonne famille, d’un bon niveau intellectuel, belle et avec une certaine aisance financière raisonnable. La perle rare en somme…

* Salim, 36 ans, travaille dans une boite de communication.

Salim pense que le mariage est une rupture avec la vie de célibataire et avec tous les avantages qu’elle représente. « La notion de mariage ainsi que l’âge du mariage ont beaucoup changé depuis l’époque de nos parents. Beaucoup de jeunes aujourd’hui se soucient de la qualité de leur vie personnelle. C’est pour cela qu’ils s’accrochent encore à la vie de célibataire: sorties, voyages, partenaires différentes… Du coup, quand on décide de se marier on devient très exigeant parce que l’on sait ce que l’on abandonne. »

C’est pour cela qu’il ne se presse pas pour se marier « J’attends que ça vienne tout seul. Lorsque la bonne personne se manifestera, peu importe peu qu’elle ait eu des histoires et des rapports sexuels dans sa vie d’avant. Si je me sens bien avec, je prends ! »

Concernant sa sexualité, Salim se considère comme épanoui « Mais je peux compter sur les doigts de la main les filles avec qui j’ai couché. Et je ne coucherai jamais avec une prostituée parce que c’est risqué et parce je ne suis pas prêt à donner de l’argent pour ça. »

Le profil de sa future moitié est clair : « Je voudrais simplement une femme avec qui je me sentirais à l’aise, belle bien sur, mais surtout quelqu’un qui me soutiendra dans les moments difficiles. Une femme qui serait un juste milieu entre la femme moderne épanouie et indépendante et la femme conservatrice sachant gérer son foyer », conclut-t-il. Une marocaine qui incarnerait la tradi-modernité de son pays en somme.

* Nabil, 44 ans, commerçant ambulant.

Nabil est un célibataire endurci. Il raconte les différents obstacles qui l’ont contraint au célibat, notamment sur le plan financier : « J’ai eu ma licence à 25 ans, assez tard donc. Puis j’ai chômé 12 ans ! » avoue-t-il d’un ton gêné. Même si les choses se sont arrangées depuis, il estime avoir encore les mains liées : « Je travaille depuis quelques années maintenant mais j’ai pas encore les moyens de me marier… Je gagne à peu près 1350 dhs par moi : je trouve cela honteux ! »

De sa sexualité, Nabil préfère ne pas parler : « cela relève de mes convictions religieuses intimes».

Il a donc pris goût à la solitude et nous le fait savoir : « A la longue j’ai fini par me faire à la vie de célibataire, je ne peux pas être responsable d’une famille sans une bonne situation financière. » Sa situation familiale ne lui permet pas non plus de s’engager auprès d’une femme. « Je vis en tête à tête avec ma mère depuis 8 ans déjà », poursuit-t-il. « Elle est habituée à me voir près d’elle et je ne peux pas la laisser pour le moment. Depuis le décès de mon père, je suis l’homme de la famille. Je crois qu’elle le prendrait mal si je l’abandonnais pour me marier maintenant.»

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