Sur un air de Salsa, une jolie silhouette se déhanche avec grâce et professionnalisme sur les pistes de danse casablancaises. De simple amatrice, Zineb Rami est devenue ambassadrice locale de la danse sociale actuellement la plus en vogue dans le monde.
« Je suis une accro de la danse qui s’est laissée emporter par sa passion vers un rivage inattendu. »
Effectivement, la jeune diplômée d’une grande école de commerce ne pouvait prévoir ce revirement d’orientation dans sa vie. La danse étant un loisir souvent marginalisé dans la société marocaine, Zineb s’y est adonnée à fond, sans préméditer la carrière professionnelle.
Il y a à peine 4 ans, elle s’inscrit aux cours de Salsa pour découvrir une véritable soif d’apprendre puis de s’informer au sujet de cet art, afin d’affiner des shows jusqu’alors très privés !
«
Je rentrais m’entrainer chaque jour pendant des heures devant mon miroir avec assiduité et rage, dans l’unique but de parfaire mes pas et maîtriser cette danse qui me plaisait énormément… une fois que j’ai fait le tour de ce qu’on pouvait m’offrir à l’école de danse où j’étais, j’ai commencé à tenter de rassasier ma faim en cherchant des cours sur le net, à prendre tous les stages qu’on proposait sur Casablanca… j’ai compris que j’ai été mordue à jamais quand j’ai décidé de partir prendre des stages à l’étranger : en Espagne, Belgique, Allemagne… »
Mais une danse sociale ça se danse à deux…
Casawaves : sans partenaire, comment juger de l’évolution de ses performances ?
Zineb : j’étais certes sans partenaire de danse permanent, mais je me suis imposée un rythme très condensé lors des soirées Salsa, où je dansais avec différents partenaires, afin de mettre en pratique toutes les figures que je n’avais pas eu l’occasion d’expérimenter.
C : si jusque là, tu n’avais aucune intention sous-jacente d’en faire une carrière professionnelle, quand est-ce que tu as décidé de devenir instructrice de Salsa?
Z : en entendant parler des cours dispensés par un ami… je suis allée voir comment il s’y appliquait et j’ai été ravie de la manière dont il s’y prenait pour enseigner les pas de Salsa… j’ai pensé alors aux écoles à l’étranger où un cours de danse de salon est prodigué par un couple et non seulement une personne comme au Maroc, sans parler des figures de ladies styling qu’un instructeur homme ne pourrait inculquer… j’ai proposé mon aide à cet ami qui a été enchanté par la collaboration, alors on s’y est mis à deux..
La compagnie de danse a longtemps tenu grâce à l’investissement financier et la volonté des deux danseurs. La difficulté de financer le projet n’étant pas l’unique obstacle, Zineb et son partenaire Hassan ont dû prendre leur mal en patience pour dépasser les a priori des danseurs : gagner la confiance des amateurs de danse n’est pas aisé… heureusement, ils reçoivent une proposition intéressante de l’école même qui leur a enseigné leurs premiers pas pour y donner des cours, ce qui contribue à les faire connaître et leur garantir une excellente réputation.
« on a repris une salle et on va avoir une belle rentrée cette année, avec d’autres créneaux toujours liés à la Salsa, des fusions,d’ailleurs je suis actuellement une formation de Modern Jazz dans ce but là, une hiérarchisation des techniques selon les niveaux des danseurs, un programme détaillé et sérieux pour un meilleur résultat…
On est loin de pouvoir nous consacrer à 100% à l’école, du fait de nos engagements professionnels et surtout la jeunesse de l’entreprise qui ne peut nous assurer un revenu solide, mais ça ne va pas tarder à le devenir… on est sur la bonne voie et je prévoie d’en faire ma carrière professionnelle principale dans un moyen terme.»
Entreprise risquée et osée mais mûrement réfléchie et motivée par une qualité d’enseignement qui a fait ses preuves. En effet, Zineb a réussi à recruter, parmi ses élèves, des danseurs brillants afin de constituer une troupe féminine professionnelle qui se produit dans divers événements sous le nom de « las muñecas ».
La jeune femme met en pratique son savoir faire en marketing pour conquérir des marchés nouveaux en négociant avec des sponsors et des entreprises pour entrainer une dynamique encourageant la production de shows.
Q : tu as eu un parcours d’athlète de 1993 à 1995 au club « l’étoile des jeunes »… mais pour nous autres, est-ce facile de danser la salsa ?
R : passe prendre le cours d’initiation le 30 septembre et tu auras déjà une idée… (rire)
Q : c’est cher en fait ?
R : je pense que nous dispensons un cours élaboré pour le coût le plus compétitif sur le marché, je peux garantir la totale satisfaction de nos élèves mais il n’y a qu’à vérifier sur le groupe Facebook d’Assuca Salsa Dance school, où la réactivité des élèves parle pour le mérite de nos efforts.
Devant tant d’assurance et de détermination, comment résister à la curiosité de tester ?